Bref historique

Histoire et actualité

Le 1er janvier 2002 marque un tournant dans l'histoire de notre milieu puisque ce jour voit l'émergence d'une nouvelle ville issue du regroupement de dix municipalités et de deux MRC.

La nouvelle Ville de Lévis succède aux droits, obligations et charges des municipalités suivantes : Charny, Lévis, Pintendre, Sainte-Hélène-de-Breakeyville, Saint-Étienne-de-Lauzon, Saint-Jean-Chrysostome, Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévy, Saint-Nicolas, Saint-Rédempteur, Saint-Romuald ainsi que les MRC des Chutes-de-la-Chaudière et de Desjardins.

Telle qu’on la connaît à partir de ce moment, la Ville de Lévis est une entité totalement nouvelle qui prend la relève des administrations municipales antérieures.

Par un étonnant retour de l'histoire, le territoire ainsi rassemblé en une seule grande ville s'apparente à l'ancienne Seigneurie de Lauzon. Tôt à l'origine de la Nouvelle-France et jusque sous le régime anglais, cette seigneurie avait assuré le peuplement et la mise en valeur des vastes étendues visibles des hauteurs de Québec par delà le Saint-Laurent. Le travail cumulé d'une longue suite de générations a façonné un milieu dont nous sommes les héritiers. Ce milieu nous appartient et il nous revient maintenant d’en poursuivre le développement.

Le regroupement dont Lévis est issu est une création : celle d'une ville de 125 000 habitants aux frontières élargies. Replacée dans un contexte historique, cette création s'appuie sur un fort sentiment d'appartenance fondé sur plus de 300 ans de partage et de mise en valeur d'un territoire commun.

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Brève histoire de Lévis : des temps anciens jusqu’à la nouvelle Ville de Lévis.

Le territoire couvert par la Ville de Lévis possède une histoire remarquable. Les racines de cette histoire remontent très loin dans le temps, bien avant l’arrivée des Européens. La configuration géographique particulière du territoire, caractérisée par la présence du fleuve et de rivières qui pénètrent profondément à l’intérieur du pays, a permis aux premiers habitants de s’y installer il y a près de 10 000 ans.

Présence amérindienne

De nombreux sites archéologiques apportent la preuve que des Amérindiens de diverses cultures ont occupé les lieux environnants les rivières Chaudière et Etchemin de manière continue et la bordure fluviale à différentes époques. Les nombreux artéfacts retrouvés sur le territoire sont des signes d’une riche présence amérindienne et ceux-ci permettent d’affirmer que la région de Lévis fut le centre du peuplement initial du Québec.


Pointe de flèche trouvée dans le secteur de Saint-Romuald. Période culturelle archaïque (5500 ans). Source : Jean-Yves Pintal, archéologue

Création de la seigneurie de Lauzon

L’année 1636 marque un moment de première importance dans l’histoire régionale par création de la seigneurie de Lauzon. Celle-ci sera le cadre du développement de tout le territoire durant les 250 années qui suivront.

La seigneurie de Lauzon sous le régime français

La seigneurie de Lauzon, sise de part et d’autre de la rivière Chaudière, fut nommée en l’honneur de son premier seigneur, Jean de Lauson. Les premiers colons s’installent bien tardivement, soit à partir de 1647. Mais grâce à la pêche à l’anguille et à l’agriculture, les secteurs de Lauzon, de Lévis, de Saint-Romuald et de Saint-Nicolas se développent progressivement.


Carte de la seigneurie de Lauzon en 1861. Source: Holland, Samuel, 1728-1801. A new map of the Province of Lower Canada describing all the Seigneuries, Townships..., London, James Wyld, 1861; 59 x 88 cm. BNQ no TRBA0121

Le développement de la seigneurie de Lauzon se fait de manière bien particulière. Les falaises abruptes et la pauvreté des terres en bordure du fleuve Saint-Laurent favorisent l’implantation des petites et grandes industries telles la pêche et le bois. Toutefois, un arc formé des paroisses de Saint-Nicolas, Saint-Jean-Chrysostome et de Lauzon, constitué de terres riches et très fertiles, est davantage colonisé par l’agriculture. Jusqu’à la fin des années 1960, le territoire lévisien illustre encore ces deux modes de développement.


Village de Saint-Nicolas vers 1900. Carte postale. Source : BNQ, CP 7702

La seigneurie de Lauzon sous le régime anglais

C’est sous le Régime Britannique que la seigneurie de Lauzon est exploitée à son plein potentiel, notamment sous l’impulsion des seigneurs Henry puis John Caldwell. Ces derniers gèrent le territoire comme une véritable entreprise. Profitant d’un contexte économique basé sur le commerce du bois, John Caldwell utilise les ressources forestières e l’intérieur, dont les forêts de Pintendre, afin de fournir des moulins à scies implantés à l’embouchure des rivières.

À cette époque, les rives du fleuve se couvrent de pièces de bois, de chantiers de construction navale, d’estacades et de navires à trois mâts. Au 19e siècle, toute cette activité donne naissance à de nombreux établissements et paroisses situés à proximité des moulins et des chantiers. De plus, d’autres moulins sont érigés plus haut sur les rivières. Ceux-ci ont contribué à l’accroissement de Saint-Étienne et de Breakeyville.


L’anse de New-Liverpool vers 1890. Source : Fonds Rétrospec, Société d’histoire de Saint-Romuald

L’ère du chemin de fer

L’arrivée du chemin de fer en 1854 entraîne de profondes transformations. L’implantation du terminus du Grand Tronc à l’anse Tibbits fait de Lévis et de sa région immédiate un des pôles économiques des plus importants dans la province. Les anses à bois font place à des industries de plus grande taille et l’effervescence économique contribue à l’établissement de milieux bourgeois et de grandes institutions sur les hauteurs de falaises.

Le Grand-Tronc, l’Intercolonial et le Québec Central, trois réseaux majeurs au pays, possèdent chacun leur terminus à Lévis, permettant une complémentarité parfaite avec le transport maritime. Contrairement à la rive nord, la rive sud est en contact direct avec l’Ontario, les provinces maritimes et les États-Unis. Par conséquent, la grande majorité des immigrants d’origine européenne arrivés à Québec débarquent à Lévis.

L’auteur et poète d’origine lévisienne Louis-Honoré Fréchette illustre bien cette période animé en écrivant en 1864 à propos de sa ville : « Tu surgis, et… Québec ta rivale a pâli ! » Le déménagement des activités ferroviaires vers Charny à la fin du 19e siècle favorise l’accroissement de l’économie du secteur de la Chaudière et les gares échelonnées sur les parcours ont donné naissance à de nouvelles communautés, dont celle Saint-Rédempteur.


Ancien bureau de postes, dans le secteur de la traverse à Lévis. Carte postale. BNQ c22999

Le 20e siècle

Au cours du 20e siècle, le territoire est témoin de nombreuses transformations successives. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les principales activités économiques sont encore localisées en bordure fluviale. Les chantiers maritimes et le secteur industriel sont en pleine effervescence. Lévis devient une force économique pour toute la région.


Ancienne gare de Charny, vers 1890. Archives de la Ville de Lévis.

Par la suite, les centres d’activité économique et commerciale migrent progressivement du littoral du fleuve vers le plateau le long des grands axes routiers. Parmi les facteurs qui ont fortement joué en faveur de ce déplacement vers le plateau, il faut d’abord mentionner le chemin de fer et l’ouverture du pont de Québec (1917), mais surtout la popularité croissante de l’automobile et l’ouverture du pont Pierre-Laporte (1972).

On assiste, notamment au cours des décennies d’après guerre, à une véritable explosion démographique qui provoque une expansion urbaine considérable. Notons au passage que cette expansion urbaine se fait souvent au détriment du territoire agricole qui recule devant les nouveaux quartiers résidentiels.

Tous facteurs confondus, Lévis devient pendant cette période une ville moderne et très active.

 


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