Le vérificateur général dépose son rapport d’audit concernant l’usine de production d’eau potable Desjardins

Le Communiqué

Lévis, le 28 mars 2017. – À l’occasion de l’assemblée régulière du conseil municipal d'hier soir, le rapport du vérificateur général, monsieur Yves Denis, concernant l’usine de production d’eau potable Desjardins a été déposé. Le conseil municipal avait mandaté le vérificateur général le 27 septembre 2016 afin d’analyser les pratiques de gestion appliquées dans le cadre des travaux de construction de l’usine de production d’eau potable Desjardins (UPE Desjardins) et de soumettre ses recommandations quant aux mesures de contrôle et aux correctifs à appliquer.

Soulignons que le projet de l’UPE Desjardins, d’une envergure incomparable pour la Ville de Lévis, visait les ouvrages requis pour accroître la capacité de traitement de l’usine Desjardins, l’agrandissement et la modernisation du poste de pompage, la construction d’une nouvelle prise d’eau au fleuve ainsi que la réalisation de divers travaux sur le réseau d’aqueduc.

En novembre 2016, le coût total du projet s’élevait à 100,5 millions, dont 62,8 ont été assumés par les gouvernements du Québec et du Canada. L’estimation d’avant-projet de mars 2007 était de 57,2 millions, ce qui représente une variation des coûts de 43,3 millions par rapport aux estimés de l’avant-projet. La majorité de la différence de coûts entre l’étude d’avant-projet et le coût réel provient de l’imprécision de l’étude d’avant-projet, pour une valeur de 36,5 millions. En effet, au cours de la phase d’avant-projet, la marge d’incertitude liée aux estimations de coûts peut se situer entre – 25 % et + 75 % du coût réel. Afin d’obtenir un estimé plus réaliste des coûts et du financement à prévoir, la Ville aurait dû mieux préciser ses besoins sur les composantes des ouvrages à construire. Soulignons qu’une fois les contrats de construction octroyés, la valeur des demandes de changements représente seulement 2,5 millions, soit 3 % de la valeur des contrats octroyés.

Identification des besoins et gouvernance
L’audit démontre que la Ville était mal préparée pour réaliser un chantier d’une telle envergure. L’imprécision dans la définition, par la ville, des besoins relatifs aux composantes des ouvrages a fait en sorte que différents acteurs ont dû revoir le projet au fur et à mesure de sa définition, rendant difficile une démonstration objective et suffisante des coûts. Cette imprécision, combinée à l’absence de ressources destinées à la gouvernance du projet, fait en sorte que celui-ci est devenu tributaire des aléas rencontrés, entraînant une majoration substantielle des coûts.

Il ressort également que les données utilisées et les hypothèses formulées en mars 2007 pour estimer les coûts du projet étaient trop imprécises pour soutenir la décision du conseil d’autoriser, en juillet 2007, deux emprunts totalisant 54,2 millions de dollars pour financer l’ensemble des travaux. La publication de données imprécises sur les coûts projetés des ouvrages et leur suivi a généré de la confusion auprès de la population quant à la valeur réelle de ces infrastructures.

Économie
L’audit démontre qu’il était difficile pour la Ville d’effectuer une gestion proactive du projet avec tout le souci d’économie attendu. Cette situation a eu des conséquences majeures lors de la construction du poste de pompage. D’abord, des retards dans la construction de cet ouvrage ont fait en sorte que sans un apport additionnel en eau brute, la Ville n’a pu bénéficier pleinement de ses nouvelles installations que trois ans plus tard que prévu. Deuxièmement, la ville a dû acquérir un terrain de 1,9 million alors que seulement 20 % du prix d’achat visait à répondre au besoin d’agrandissement du poste de pompage. Troisièmement, aux fins de l’obtention d’une aide financière, la Ville n’avait pas de données fiables sur les coûts de construction du poste de pompage, la privant ainsi d’une subvention possible de 1,9 M$. Finalement, la gestion de deux lots de construction plutôt qu’un seul, tel que prévu initialement, a entraîné des dépenses supplémentaires de l’ordre de 300 mille dollars.

Gestion contractuelle
Le rapport d’audit conclut que la Ville a respecté, à tous égards importants, la Loi sur les cités et villes, les règlements applicables et les directives de la Ville pour l’octroi des contrats qui ont fait l’objet de l’audit.

Malgré la conformité du processus d’octroi des contrats, la Ville a été exposée à des risques en matière de gestion contractuelle.

Recommandations
Le vérificateur général a émis huit recommandations afin d’améliorer la gestion des grands projets à la Ville de Lévis. La Ville de Lévis adhère à toutes les recommandations formulées et s’est engagée à concevoir un plan d’action pour les appliquer.

Rôle du vérificateur général
Rappelons que, selon la Loi sur les cités et villes, le rôle du vérificateur général est d’effectuer la vérification financière, la vérification de l’optimisation des ressources et la vérification de la conformité aux lois, règlements, politiques et directives des comptes et des affaires de la municipalité et des autres entités ou organismes faisant partie de son champ de compétence. Le but est de favoriser le contrôle sur les fonds et les autres biens publics.

Pour consulter le rapport, visitez le undefinedville.levis.qc.ca, rubrique La Ville, section Vérificateur général. 

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Source :
Bureau du vérificateur général
418 835-8565